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Théorie de la justice de john Rawls.( lecture)

Théorie de la justice
Jean Rawls

Lecture de Monsieur Oulbaz Abdeslam
- professeur de philosophie, lycée Med 6 à Ouarzazate –
année 2016
John Rawls est né le 21 Février 1921. Commence en 1939 des études de philosophie à l’université de Princeton que la guerre interrompt. Celle-ci, et en particulier, son expérience directe des conséquences du bombardement sur Hiroshima aura une profonde influence sur lui. En 1946, il retourne à Princeton pour travailler à son doctorat qu’il obtient en 1950 et qui est consacré à la question de la justification morale. Mais à partir de 1950, lors de son séjour à Oxford, puis à l’université Cornell, et enfin à Harvard où il fait sa carrière à partir de 1962, en compagnie de philosophes de premier plan comme Thomas Nagel, Robert Nozick, Michael Walzer ou Tim Scanlon, il modifie son orientation. Il se consacre dorénavant exclusivement à la question de la justice dans tous ses aspects, moraux, psychologiques même, politique économiques, juridiques et sociaux. Son œuvre majeur « théorie de la justice » révolutionne la philosophie politique américaine. Il est un défi de la conception utilitariste qui dissocie la justice sociale de l’efficacité économique.
L’objectif de Rawls est la généralisation et l’abstraction de la théorie du contrat social de lock, Rousseau, Kant... ; ainsi que dépasser la tradition utilitariste dominante de la philosophie morale (Adam Smith, Hume, Bentham et Mill.)
Société

 

conflits d'intérêts
collaboration
identité d'intérêts
association

Une société, selon Rawls, est une association, plus au moins auto-suffisante, de personnes qui reconnaissent certaines règles comme obligatoires. La plupart d’eux agissent en conformité avec elles. Ses règles déterminent un système de coopération visant à favoriser le bien de ses membres.

 

 

Une société se caractérisent à la fois par un conflit d’intérêts (chacun cherche une grande part des avantages) et par une identité d’intérêts (la coopération sociale procure une vie meilleure à la vie individuelle).

 La justice sociale fournit un moyen de fixer les droits et les devoirs dans les institutions de base de la société et ils définissent la répartition adéquate des bénéfices et des charges de la coopération sociale.

La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle des systèmes de pensée. « Si élégante et économique que soit une théorie, elle doit être rejetée ou révisée si elle n’est pas vraie ; de même, si efficaces et bien organisées que soient des institutions et des lois, elles doivent être réformées ou abolies si elles ne sont pas juste. »

Dans une société juste, l’égalité des droits civiques et des libertés pour tous est considérée comme définitive. Elles ne doivent pas être soumises à un marchandage politiques ni aux intérêts sociaux. Seulement si une injustice éviterait une plus grande injustice.

Cette affirmation aurait besoin d’une théorie de la justice qui permettrait son interprétation et son évaluation. 

« Pour nous, l’objet première de la justice, c’est la structure de base de la société, la façon dont les institutions sociales les plus importantes répartissent les droits et les devoirs fondamentaux et déterminent la répartition des avantages tirés de la coopération sociale. » p :

 Ces institutions sont la constitution politique et les principales structures socio-économiques. « Ainsi, la protection légale de la liberté de pensée et de conscience, l’existence des marchés concurrentiels, la propriété privée des moyens de production et la famille monogamique en sont des exemples. »

Rawls limite son œuvre à :

  1. La justice sociale, comme objet principale, éliminant ainsi les autres formes de justice ;

2- Examiner des principes de la justice destinés à servir de règles dans une société bien ordonnée ;

3- Le concept de la justice est défini ainsi : «la justice est l’équilibre adéquat entre des revendications concurrentes ». (P36) Elle est distinguée d’une conception de la justice constituée par un ensemble de principes qui ont pour but de déterminer les éléments pertinents dont il faut tenir compte pour définir cet équilibre ;

  1. La théorie de la justice se présente comme une analyse de certains principes distributifs qui s’applique à la structure de base de la société. L’hypothèse est que « toute théorie éthique suffisamment exhaustive doit comporter des principes … constitutifs dans l’attribution des droits et des devoirs et dans la répartition adéquate des avantages sociaux. »

Le but de Rawls est de définir, donc, des principes généralisés de la justice que « des personnes libres et rationnelles, désireuses de favoriser leur intérêt, et placées dans une position initiale d’égalité, accepteraient et qui, selon elles, définiraient les termes fondamentaux de leur association. » et qui servent «de règle pour tous les accords ultérieurs. » (Les formes de coopération sociale, de gouvernement…).  Cette façon de considérer les principes de la justice que Rawls appellera « la théorie de la justice comme équité ».

La position originelle constitue donc un concept fondamental dans la conception de Rawls. Quel sont ses traits ?

Les traits de la position originelle

 

L’ignorance

L’ignorance des personnes de leurs places, statuts, positions dans la société, le sort réservé pour eux lors de la répartition des capacités et des dons naturels comme l’intelligence, la force… ainsi que leurs conceptions du bien et du mal. L’ignorance garantit le choix égal des principes de la justice. Les personnes ne peuvent pas être avantagées ou désavantagées parce qu’elles ignorent leur situation préalable à la Position Originelle.

La rationalité

La théorie de la justice comme équité conçoit les partenaires, placés dans P.O. comme des êtres rationnels désintéressés. Indifférents des intérêts des autres et cherche à atteindre leurs objectifs par les moyens les plus efficaces. La rationalité désignait le choix que font les hommes du système de fins rationnels.

Liberté.

Rawls restreint Les principes de la justice en deux principes : l’égalité politique et la différence socio-économique :

1- l’égalité dans l’attribution des droits et des devoirs de base ;

2-l’inégalité socio-économique, de richesses et d’autorité. Ces inégalités seront justes si seulement si elles produisent, en compensation, des avantages pour chacun et, en particulier pour les membres les plus désavantagés de la société.

« L’idée intuitive est la suivante : puisque le bien-être de chacun dépend d’un système de coopération sans lequel nul ne saurait avoir une existence satisfaisante, la répartition des avantages doit être telle qu’elle puisse entraîner la coopération volontaire de chaque participant y compris les plus défavorisés. »

La Théorie de la Justice comme Equité est une théorie de contrat. Le terme « contrat » a le mérite de transmettre l’idée que les principes de la justice seraient choisis par des êtres rationnels. Le mot « contrat » suggère la pluralité des participants ainsi que les conditions d’une répartition adéquate des avantages qu’ils acceptent. Le terme « contrat » renvoie au caractère public que doivent avoir des principes de la justice, c’est-à-dire que les citoyens ont connaissances des principes suivis par les autres.

La TJE n’est pas une théorie de contrat complète. Ses principes s’appliquent seulement à la justice.

 

John Rawls procède au critique des théories de justice qui dominait la philosophie politique américaine. L’utilitarisme classique, l’intuitionnisme.

L’utilitarisme classique

Chez Sidgwick :  

Henry Sidgwick, philosophe anglais, né à Skipton dans le Yorkshire, a vécu du 31 mai 1838 au 28 août 1900. Ses travaux ont porté sur l'économie et la morale et il fut avec Jeremy Bentham et James Mill, l'un des grands penseurs de ce qu'on appelle aujourd'hui l'utilitarisme classique. Henry Sidgwick était non seulement un éminent philosophe anglais du XIXe siècle, mais aussi épistémologiste, économiste, humaniste, théoricien politique, historien de la politique, parapsychologue et théoricien de l’éducation et de la pédagogie. Sa pensée a beaucoup influencé l’éthique et la politique anglo-américaine de son époque.

 

L’idée principale en est qu’une société ordonnée et juste quand ses institutions majeures sont organisées de manière à réaliser la plus grande somme totale de satisfaction pour l’ensemble des individus qui en font partie. P 49

 

Les concepts du bien et du juste selon L’utilitarisme classique
 

L’utilitarisme classique est une théorie téléologique (qui portent sur la finalité). Elle relie simplement entre les concepts du Bien et du Juste.

Le bien est définit indépendamment du juste, et, ensuite, le juste est définit comme ce qui maximise le bien. « Sont juste les institutions et les actes qui produisent le plus grand bien possible à partir des options disponibles. » 50

La conception du bien

le bien est la réalisation de ce qu’il y a d’excellent dans l’homme, dans les différents formes de culture (Nietzsche, Aristote) ; l’hédonisme : bien = plaisir. L’eudémonisme : bien= bonheur….

L’utilitarisme définit l’utile/ le bien par la satisfaction du désir rationnel.

Cette conception pose un problème majeur : problème de la répartition.

Sauf indirectement, la façon dont la somme totale des satisfactions est répartie entre les individus et la façon dont l’homme réparti dans le temps ses satisfactions ne compte aucunement. Indirectement, la répartition correcte est celui qui produit le contentement maximum.

 

John Rawls avance ses critiques de la façon dont le « Bien » est répartit dans l’approche utilitariste :

  • Le principe du choix rationnel valable pour un individu peut s’appliquer à la société :

  •  Le spectateur impartial et l’identification par la sympathie :

  • Doué de pouvoirs idéaux de sympathie et d’imagination, le spectateur impartial est l’individu parfaitement rationnel « qui s’identifie aux désirs des autres et les vit comme s’ils étaient les siens. »

  • Le législateur idéal maximise la satisfaction du système du désir en ajustant les règles du système social.

  • Le législateur idéal ressemble à un entrepreneur, consommateur dans la gestion correcte et efficace pour maximiser le profit.

  • La coopération sociale est le résultat de l’extension à la société du principe de choix valable pour un individu. En traitant toutes les personnes comme une seul (le spectateur impartial et la sympathie)

 

 

 

 

À suivre

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